Des fiches pratiques listent les règles sanitaires que les chefs d’entreprise doivent mettre en place auprès de leurs salariés. Ces guides détaillés existent pour les chauffeurs-livreurs, le travail en caisse, et en boulangerie. Comment concilier activité et sécurité ? Rencontre avec 2 patrons d’entreprise de transport.

Pascal Floch emploie 50 chauffeurs-livreurs, tous continuent à sillonner les routes en adaptant leur travail aux règles sanitaires.

Pascal Floch a une cinquantaine de chauffeurs-livreurs qui sillonnent toujours les routes de France. Les grands conducteurs partent plusieurs jours et découchent 2-3 nuits par semaine. Les débuts du confinement ont été difficiles pour ses salariés. “Toutes les stations-service étaient fermées, impossible pour eux de trouver de quoi se doucher, se nourrir. Maintenant, c’est plus le cas. Même ouvertes a minima, les chauffeurs ont accès aux sanitaires et aux machines à café”, explique le patron de l’entreprise Transports P. Floch. Pierre Ledy emploie 12 chauffeurs dans son entreprise de Liffré. Depuis le début de la crise du Covid-19, ces chefs d’entreprise maintiennent leur activité tout en ayant à coeur de protéger leurs salariés. Comment ces 2 patrons s’organisent pour appliquer les règles sanitaires ?

Des fiches pratiques pour lutter contre le Covid-19

Extrait de la fiche pratique Chauffeur-livreur publié sur le site du Ministère du Travail

Les fiches pratiques appelées kit de lutte contre le Covid-19 publiées sur le site du Ministère du Travail, associé au Ministère de la Santé, listent les règles sanitaires auxquelles les chefs d’entreprise doivent répondre pour permettre à tous leurs salariés de travailler dans de bonnes conditions sanitaires. Chez Pascal Floch, depuis plusieurs jours, chacun des salariés a son kit “coronavirus” : des gants et du gel hydroalcoolique. “On a eu de la chance de tout trouver. Le gel, c’est un de nos clients qui en produit et qui a pu nous en vendre”, raconte le patron de l’entreprise de transports. Pas aussi simple à mettre en place pour les équipes de Pierre Ledy. “Moi, je veux bien leur donner tout ce qu’il faut mais je ne trouve pas le matériel disponible. Pas possible de trouver des gants, des masques. Le gel, c’est un client qui en donne à mes gars quand ils passent chez lui”, explique le patron de Transports Ledy. Sinon, c’est le système D, les chauffeurs-livreurs se lavent les mains quand ils font leur livraison. Chacun a son camion, “pas de risque de contagion à ce niveau-là”, se rassure le chef d’entreprise Ledy. Parmi les préconisations, le chauffeur doit désormais rester dans sa cabine lors de la livraison, sauf si c’est à lui de l’assurer, dans de tels cas, les distances de sécurité doivent être respectées. “Cela demande un vrai changement. Les chauffeurs ont pour habitude de saluer à la livraison, boire un café avec le client, ce n’est plus possible. Nous travaillons essentiellement avec l’alimentaire, cette crise va aussi amener de nouveaux réflexes d’hygiène qu’il n’y avait pas forcément avant”, précise de son côté Pascal Floch.

Les entreprises “responsables” de la protection de leurs salariés

L’entreprise Ledy n’arrive pas à trouver le matériel nécessaire, gants, masques, gel pour ses salariés.

La ministre du Travail, Muriel Penicaud, l’a répété, ce sont les entreprises qui sont “responsables” de la protection de leurs salariés, ce qui veut dire que des employés peuvent s’opposer à une prise de poste s’ils considèrent que leur sécurité n’est pas assurée mais cela veut également dire que si ces mesures sont suffisantes, rien ne s’oppose à aller travailler. Les patrons ne sont pas responsables si quelqu’un est malade à la fin, mais ils sont responsables des moyens qu’ils mettent à la disposition de leurs employés, précise le ministère. Sur les 12 salariés que compte l’entreprise de transports Dely, 2 refusent de travailler. “Je les comprends. Depuis le début de la crise, je ne fais qu’hésiter entre continuité de mon activité et sécurité de mes gars”, admet le patron. Certains avaient arrêté de travailler puis ont repris la route parce qu’ils ne voulaient pas mettre en péril l’activité économique de l’entreprise. Chez Transports P. Floch, tout le monde est sur le pont. Chaque conducteur a la charge de nettoyer le camion avant qu’il débute son trajet. “On a tout ce qu’il faut pour qu’ils puissent respecter les règles d’hygiène, après de vous à moi, je ne contrôle pas”, admet Pascal Floch. Chaque patron communique au quotidien avec leurs équipes pour rappeler les gestes barrière, et voient maintenant que la prise de conscience est globale. “Personne ne veut refiler le Covid-19 à ses proches”, constatent-ils. Ces fiches pratiques sont-elles utiles ? Les 2 patrons sourient. “Ça serait bien qu’ils viennent voir sur le terrain ce qui est réellement faisable ou pas. Protéger oui, mais il faut pouvoir trouver le matériel nécessaire.”

C'est un retour sur mes terres natales avec l'aventure Entreprendre.bzh ! Après une carrière dans l'audiovisuel à Paris, notamment en tant que rédactrice en chef pour la chaîne info Bfmtv, la vie m'a ramené en Bretagne. Mon envie ? Rencontrer et partager avec vous les parcours de ceux qui osent, bougent, innovent grâce à leur motivation, leur énergie ou leur histoire.

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