La saison s’annonce plutôt bien dans les campings avec des taux de réservation qui avoisinent ceux de 2019 dans les établissements du littoral. L’été 2020 voit arriver une nouvelle clientèle avec un boom des réservations de mobil-homes, yourtes…

Comment s’annonce la saison 2020 pour les campings ?

Nicolas Dayot, président de la fédération nationale de l’hôtellerie de plein air et propriétaire de 2 campings (camping de la plage de Tréguer et camping du Moulin de Cantizac : “On ne va pas faire une bonne année c’est sûr. Le printemps représente de 10 à 20% de notre chiffre d’affaires annuel et cette année il a été nul. Juillet-août, c’est 80% de notre activité, il ne faut pas se louper ! Pour l’instant, les réservations sont au rendez-vous avec 50% de réservations en plus fin juin par rapport à 2019. La dernière minute est plus importante que les autres années.”

Vous avez 2 campings en Bretagne, les français, les bretons sont au rendez-vous ?

Nicolas Dayot : “Les régions qui récupèrent le plus leur retard sont les Hauts de France, Auvergne Rhône-Alpes et la Bretagne. C’est quasi une activité normale. Le littoral devrait bien s’en sortir car 90% des français vont passer leurs vacances en France et les français privilégient le littoral pour leurs séjours. Dans mes 2 campings, je suis quasi complet.”

Le tourisme domestique, ici des bretons à Tréguer, a répondu présent cet été dans les campings.

La clientèle étrangère est quasi absente…

Nicolas Dayot : “Pour les établissements qui accueillent 90% de touristes étrangers, c’est très dur. On constate des taux de remplissage faibles dans des départements intérieurs comme le Lot, l’Ardèche, habituellement très prisés par les Hollandais. En Bretagne, la première population étrangère, ce sont les britanniques. Leur absence met en difficulté des campings dans les terres prisés par les anglo-saxons. Il y a quand même la clientèle fidèle d’allemands et de belges.”

Avec les règles sanitaires à respecter, les vacances au camping sont modifiées ?

Nouvelles règles sanitaires dans les piscines avec nombre restreint, distanciation des transats, désinfection…

Nicolas Dayot : “Nous avons pu ouvrir nos piscines grâce à une décision du chef de l’Etat. Nous avions insisté sur cette nécessité fort d’un sondage qui indiquait que 58% de nos clients étaient prêts à remettre en cause leurs séjours en camping s’il n’y avait pas de piscine. L’accès est limité à 1 personne pour 4m2. Dans ma piscine à Tréguer, il peut y avoir 300 personnes maximum, seuil qui n’est jamais atteint même les années précédentes. Distanciation des transats, désinfection régulière, tout est fait pour répondre aux normes sanitaires. Ce qui ne va pas avoir lieu cette année, ce sont certaines animations comme la soirée dansante ou le loto.”

Vous observez une nouvelle clientèle dans les campings ?

Nicolas Dayot : “Il y a un véritable boom des réservations pour les mobil-homes, yourtes…C’est une nouvelle clientèle, pas habituée des campings, qui va apprécier ces logements autonomes, espacés les uns des autres. Les emplacements nus pour les tentes ont un peu plus de mal à partir ou sinon c’est à la dernière minute. Il y a clairement des atouts pour les campings cette année, ils sont généralement dans des sites naturels protégés, il y a de l’espace et vous avez des balades à proximité. On constate d’ailleurs une appétence cette année pour des départements verts comme le Jura, la Lozère. Il y a clairement une demande de grands espaces. Nos collègues des Alpes-Maritimes, par exemple, souffrent d’un manque de fréquentation.”

C’est le tourisme local qui permet à l’hôtellerie de plein air de s’en sortir

Les emplacements nus pour les tentes sont moins prisés à la réservation que les mobil-homes, yourtes, chalets…

Nicolas Dayot : “Clairement ! Partir en vacances en France, en Bretagne, c’est un acte patriotique. J’ai des élus de petites communes qui se félicitent de la fréquentation des campings car cela fait fonctionner le commerce local. C’est un cercle vertueux. 2/3 des touristes en France sont des touristes domestiques. Nos confrères d’Italie, d’Espagne vont vivre un été catastrophique car ils n’ont pas du tout de clientèle locale.”

Comment qualifiriez-vous cet été 2020 ?

Nicolas Dayot : “Au niveau national, il y aura une baisse de fréquentation cet été de 15-20% par rapport à 2019 avec des charges supplémentaires dues aux règles sanitaires. Les mesures d’accompagnement du gouvernement devraient éviter la fermeture d’établissements. J’espère pouvoir dire “ouf” à la fin ! Ce sera un été résilient ! Avec des vacanciers, malgré tout, heureux d’être là, contents de cette pause estivale. J’ai envie de dire merci à nos clients qui nous font confiance et grâce à qui nous pourrons sauver cette année 2020. Et en plus il fait un temps magnifique en Bretagne, profitez-en !”

C'est un retour sur mes terres natales avec l'aventure Entreprendre.bzh ! Après une carrière dans l'audiovisuel à Paris, notamment en tant que rédactrice en chef pour la chaîne info Bfmtv, la vie m'a ramené en Bretagne. Mon envie ? Rencontrer et partager avec vous les parcours de ceux qui osent, bougent, innovent grâce à leur motivation, leur énergie ou leur histoire.

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