“La Belle Déchette”, économie sociale et solidaire (ESS) qui donne une seconde vie aux objets, connaît un beau succès depuis 3 ans. Et si pour sortir de la crise, l’ESS était un modèle à suivre ?

A “La Belle Déchette”, Julie Orhant, co-fondatrice de l’association fait le bilan d’activité pour 2019. Et réfléchit à l’avenir de cette structure. “Nous devons nous recentrer sur nos valeurs sociales et environnementales”, explique-t-elle. “La Belle Déchette” est un bel exemple de réussite d’économie sociale et solidaire (ESS) sur le territoire rennais. Créée il y a 3 ans, l’association emploie 7 salariés et compte 150 bénévoles. Elle répond à 3 missions : donner une seconde vie aux objets, soutenir les personnes en difficulté professionnelle et sensibiliser usagers et entreprises à l’environnement. L’association s’auto-finance à 60%, le reste vient de subventions publiques. Quand on demande à Julie si l’économie sociale et solidaire est un modèle à suivre, la réponse est sans équivoque !

Les entreprises sociales et solidaires plus résilientes

“Il faut développer de nouvelles filières économiques à impact social et environnemental, c’est une évidence surtout après la crise que nous vivons. L’économie classique a besoin d’investissement pour fonctionner et peut manquer de trésorerie ce qui explique la situation des entreprises aujourd’hui. Nos investissements sont pour le développement de la structure. Nous n’avons pas eu de problèmes de trésorerie, nous avons même voté à l’unanimité le maintien des salaires en chômage partiel au mois de mai”, précise Julie. Des entreprises plus résilientes, c’est ce que constate Pauline Lemeu responsable du pôle ESS du pays d’Auray. “Leur modèle économique est plus stable, avec un modèle de gouvernance partagée. Les salariés sont plus écoutés, font un travail qui a du sens”, explique Pauline qui accompagne à la création de structures d’économie sociale et solidaire. Entre 2011 et 2015, le secteur, en Bretagne, a été créateur d’emplois, + 5% en 5 ans. “C’est vrai que nous n’avons aucun problème de recrutement. A chaque annonce, nous avons beaucoup de candidatures. Soit nos salaires ne sont pas élevés mais chacun fait un travail utile, à vocation sociale et c’est un message qui a de plus en plus d’écho”, constate la co-fondatrice de “La Belle Déchette”. Et cette vocation sociale, elle est essentielle pour Julie qui souhaite que ces structures soient épaulées financièrement par les collectivités et par l’Etat. “Si l’on devait faire un réel calcul temps passé/rémunération, les meubles que nous vendons seraient inabordables pour la plupart des gens, ce qui serait contraire au principe même d’une économie sociale et solidaire.”

L’ESS est gérée par la CRESS Bretagne et découpée en pôles territoriaux comme celui du pays d’Auray.

Bretagne, terre d’économie sociale et solidaire

1ère région de France en économie sociale et solidaire, la Bretagne compte plus de 13 000 établissements ESS et plus de 130 000 emplois. La CRESS Bretagne (Chambre régionale de l’économie sociale et solidaire) accompagne les pôles ESS sur le territoire et mesure l’apport de l’ESS à l’économie régionale bretonne. Selon un de ses rapports, l’ESS en Bretagne est très présente dans des secteurs marchands essentiels à l’économie régionale, comme l’agro-alimentaire ou le tourisme. Ces structures s’appuient sur 3 piliers : la personne au cœur de l’économie, le fonctionnement démocratique dans les prises de décisions et un modèle économique spécifique. Les excédents sont destinés au développement de l’activité car il n’y a pas d’actionnaire à rémunérer et leur appropriation individuelle est interdite. Selon Marie-Martine Lips, présidente de la CRESS Bretagne, à travers la loi de 2014, “l’ESS est reconnue comme une composante essentielle de l’économie, et apparaît aujourd’hui comme une alternative pertinente, une autre façon de faire de l’économie. Il y a un souci du partage des richesses produites, du développement local des territoires, de la qualité des emplois créés, de l’implication des citoyens dans les projets, de responsabilité sociale ou sociétale”. Est-ce que le monde de l’après crise tendra vers de tels modèles ? Le Président de la République a évoqué ce dimanche soir une nouvelle gouvernance économique en France qui passe par une relance sociale et solidaire.

C'est un retour sur mes terres natales avec l'aventure Entreprendre.bzh ! Après une carrière dans l'audiovisuel à Paris, notamment en tant que rédactrice en chef pour la chaîne info Bfmtv, la vie m'a ramené en Bretagne. Mon envie ? Rencontrer et partager avec vous les parcours de ceux qui osent, bougent, innovent grâce à leur motivation, leur énergie ou leur histoire.

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