C’est la double peine du Covid-19. Des étudiants qui n’ont plus de petits boulots, des contrats non renouvelés pour cause de confinement, la précarité grandit en France. Les associations d’action sociale en appellent à l’aide.

“Nous voyons des nouveaux profils à nos points de distribution”, constate Annick Wemeaux, secrétaire générale du Secours Populaire du Morbihan. En une semaine, l’association a fourni des colis alimentaires à 300 personnes en plus que d’habitude. “Les aides de l’Etat ne sont pas forcément arrivées, ce sont des gens qui travaillent à temps partiel et qui n’ont plus de travail depuis le confinement”, explique Annick. Les plus fragiles sont encore plus fragilisés et les personnes âgées n’osent plus sortir de chez elles. Confinement ou pas, le secours populaire n’a jamais arrêté sa distribution alimentaire. “Nous avions tout ce qu’il fallait, gants, gel hydroalcoolique, on a acheté des masques. On ne pouvait pas laisser les gens dans la galère”. Mais l’association se trouve, elle aussi, dans une situation précaire. Toutes les activités organisées pour récolter des fonds n’ont pas pu avoir lieu, braderie, chasse aux oeufs, les caisses sont presque vides. Le secours populaire du Morbihan fait un appel aux dons, pour pouvoir continuer son action auprès des plus démunis (pour faire un don, c’est ici).

Des colis alimentaires distribués aux étudiants isolés

Tous les 15 jours, le vendredi, les colis alimentaires du Secours Populaires sont distribués à Lorient pour les étudiants, nourriture et produits d’hygiène. “Ils ne sont pas très nombreux, mais ont de vrais besoins, les Restos U sont fermés. Certains font des allers-retours pour tenir les 15 jours. C’est aussi un moment d’échange, socialement très important”, constatent les bénévoles. A Rennes, l’épicerie gratuite, association qui distribue gratuitement chaque semaine des produits alimentaires invendus sur le campus de l’Université Rennes 2 a bien évidemment fermé ses portes mais là aussi, l’aide s’organise. Ici, il faut trouver des bénévoles pour la distribution, organiser la collecte des denrées. “Avec les associations d’entraide, nous mettons en place des livraisons de colis alimentaires. Une association étudiante a aussi prévu des remboursement de tickets de caisse à hauteur de 10 euros pour les produits de première nécessité”, explique Nolwenn Alzas, co-présidente de l’épicerie gratuite. Plus de 200 jeunes en ont bénéficié. 60% des étudiants ont quitté la ville, les universités ont fermé, comment les aider, éloignés de leurs proches et en proie à des difficultés économiques ?

Un appel à la solidarité des universités

L’association a organisé un sondage pour connaître les besoins des étudiants en cette période de confinement.

A Rennes 1, l’association “Droits des étudiants.e.s” a mis en ligne un questionnaire pour recenser les étudiants précaires afin de les orienter vers les aides financières, psychologiques et médicales disponibles. “Sur 50 réponses apportées à notre sondage, plusieurs personnes souhaitent être aidées “, précise Pierre Guillaudeau, co-président de l’association “Droits des étudiant.e.s”. Les étudiants qui restent en Cité U doivent continuer à payer leur loyer. Beaucoup n’ont plus de petits boulots pour les aider financièrement. Le calendrier universitaire est totalement modifié et pourrait amener à des examens en juin et rattrapage en juillet, compliqué de trouver un job d’été qui donne une assise financière à bon nombre d’étudiants. L’Etat a déboursé 10 millions d’euros d’aides supplémentaires pour les étudiants en difficultés et demande aux universités de mettre la main à la poche, en piochant dans la CVEC (contribution de vie étudiants et campus), payée à la rentrée par les étudiants. L’association “Droits des étudiant.e.s” se mobilise pour que l’université de Rennes-1 soit solidaire et en verse une partie à ses étudiants précaires. “Nous demandons à notre université d’utiliser ces fonds pour les redistribuer en colis alimentaires et produits d’hygiène. C’est maintenant qu’ils en ont besoin”, explique Pierre. Les partiels pourraient se tenir d’ici un mois. La santé physique et mentale doit être la préoccupation des universités, militent les associations d’étudiants. Le Président de la République a annoncé, lundi soir, de nouveaux fonds alloués aux familles, personnes isolées et étudiants précaires.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.