Alors qu’elle n’est arrivée en Bretagne qu’il n’y a que quelques mois, la startup belge Take Eat Easy vient d’arrêter brutalement son activité hier ! Take Eat Easy était une startup de livraison de repas en vélo. Elle a pour concurrent Deliveroo, Foodora ou le rennais Home Regal (startup plus jeune).

Personne n’a vu venir cet arrêt qui a été annoncé par sa cofondatrice, Chloé Roose, dans une publication sur Medium. Les explications de cet arrêt sont doubles :

  • La startup n’a pas réussi à couvrir ses dépenses par ses revenus.
  • Ils n’ont pas réussi à réaliser leur troisième levée de fonds de 30 millions d’euros (après avoir levé 16 millions d’euros au cours de deux levées de fonds en 2015).

Take Eat Easy a été placé en redressement judiciaire malgré une croissance mensuelle de 30% de son chiffre d’affaires. La société vient tout juste de franchir le cap du million de commandes. Cette croissance impressionnante est propre aux startups et c’est ce qui rend encore plus incompréhensible la fin de l’aventure pour la société…

Les startups veulent-elles se faire aussi grosse que le BŒUF ?

“La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Bœuf

Une Grenouille vit un Bœuf
Qui lui sembla de belle taille.
Elle, qui n’était pas grosse en tout comme un œuf,
Envieuse, s’étend, et s’enfle, et se travaille,
Pour égaler l’animal en grosseur,
Disant : “Regardez bien, ma sœur ;
Est-ce assez ? dites-moi ; n’y suis-je point encore ?
– Nenni. – M’y voici donc ? – Point du tout. – M’y voilà ?
– Vous n’en approchez point.”. La chétive pécore
S’enfla si bien qu’elle creva.
Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages :
Tout bourgeois veut bâtir comme les grands seigneurs,
Tout petit prince a des ambassadeurs,
Tout marquis veut avoir des pages.”

Jean de la Fontaine

Il est légitime de se poser la question puisque de nombreuses startups visent à développer un produits “scalable” (duplicable) facilement dans l’objectif d’obtenir une très forte croissance. Ça a été la stratégie de Take Eat Easy. Après un gros succès à Bruxelles, les fondateurs de la société ont voulu dupliquer le concept à Paris et dans toute l’Europe rapidement. La croissance s’explique donc naturellement par le fait que Take Eat Easy a couvert un territoire de plus en plus vaste à travers l’Europe. Le fait de dupliquer le modèle a un coût que des investisseurs peuvent supporter.

Le redressement judiciaire est donc le résultat d’une croissance trop rapide et non maîtrisée. Ils n’ont pas cherché à couvrir leurs dépenses puisqu’ils pensaient qu’une troisième levée de fonds arriverait. Deliveroo, son concurrent, avait réussi une troisième levée de fonds conséquente.

Si vous voulez en savoir plus, je vous invite à lire la publication sur Medium du dirigeant de Take Eat Easy, Adrien Roose, qui détail le marché de la livraison de repas et les raisons de cet échec.

Malgré ce triste résultat, l’aventure de Take Eat Easy et le travail réalisé ces dernières années reste formidable. L’ensemble de l’équipe de la startup peut être fier de ce qu’ils ont réalisés !

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