Les départements bretons prêts à sortir du confinement. C’est ce que publie une étude du Guide Santé à travers une carte interactive des départements propices au déconfinement. Les critères retenus ? Baisse du nombre d’hospitalisations dues au Covid-19 et capacité d’accueil en réanimation.

Le Guide Santé publie une carte de France interactive mettant en avant les départements français (hors outre-mer) réunissant les critères pour une sortie de confinement. Selon cette carte, les bretons pourraient donc être déconfinés. Ces critères, évoqués par l’Académie nationale de Médecine (dans ce communiqué publié le 5 avril dernier), sont ceux d’une décroissance du nombre de patients hospitalisés dû au Covid-19 et d’un retour à des capacités d’accueil en réanimation pré-épidémique. “Même avec ces critères, la sortie du confinement n’a de sens qu’en appliquant les gestes barrière : port du masque, distanciation sociale, lavage des mains….”, explique le docteur Jean-Pascal Del Bano, médecin biologiste et directeur du site le guide-santé.org.

Un déconfinement massif, c’est “suicidaire”

Le chef de l’Etat a annoncé la date du 11 mai sans préciser les détails. Comment va s’organiser le déconfinement ? Sera-t-il question d’une sortie par zones géograhiques comme proposé par l’Académie nationale de Médecine ? “Le déconfinement de toute la France le 11 mai est suicidaire. Certaines zones comme l’Ile-de-France ne sont pas du tout en phase de décroissance ! C’est pour cela que nous prônons un déconfinement par département. Pour la Bretagne, on peut parler de la Région car les 4 départements ont une décroissance de patients hospitalisés. Pourquoi maintenir des gens enfermés dans leur appartement ? Les bretons, par exemple, pourraient circuler à nouveau mais en restant dans les frontières de leur département. C’est mieux que de rester chez soi, non ?”, s’interroge le docteur Jean-Pascal Del Bano. Les équipes du site Guide Santé ont crée cette carte interactive, renouvelée chaque jour, en se basant sur les données quotidiennes de Santé Publique France. “Nous étudions les données sur une semaine, si la décroissance perdure, le département est bleu, en rouge sont ceux pour lesquels le nombre de patients hospitalisés Covid-19 ne décroît pas suffisamment nettement, voire augmente. Ces départements devraient donc rester en confinement au-delà du 11 mai“, selon ces médecins qui s’appuient sur les préconisations de l’Académie nationale de médecine.

 La carte est renouvelée chaque jour. Pour les médecins du Guide Santé, un département en bleu devrait le rester. Copyright 2020 Le Guide Santé.

L’ensemble des départements bretons sortent leur épingle du jeu

Chacun des départements bretons entre dans ces critères de décroissance de cas et de disponibilité de lits en réanimation et donc dans les critères de déconfinement. Dans le Finistère, le taux de décroissance des personnes hospitalisées est de 19,83% et un taux de disponibilité de lits de réanimation supérieur à la moyenne (pour calculer le nombre de lits disponibles en réanimation, il n’y a pas de chiffres officiels, l’étude s’est basée sur le nombre des lits disponibles hors Covid qui ont été doublés pour faire face à l’épidémie, comme annoncé par E. Macron le 13 avril dernier). Des chiffres positifs, que l’on retrouve dans les Côtes-d’Armor, avec un taux de décroissance des personnes hospitalisées de 14,86%.

Les départements en bleu ont un taux de mortalité dû au Covid-19 inférieur à la moyenne nationale – Copyright 2020 Le Guide Santé.

En Ille-et-Vilaine, le taux de décroissance des personnes hospitalisées est moins flagrant, avec 4,89%.
Quant au Morbihan, il affiche lui-aussi des taux favorables avec 43,18% de lits de réanimation disponibles et un taux de décroissance de personnes hospitalisées de 8,4%.

La Bretagne est l’une des seules régions françaises à afficher des chiffres aussi rassurants, dans cette région un déconfinement serait donc envisageable le 11 mai, ou même auparavant. “Théoriquement, la Bretagne n’a pas de raison, même aujourd’hui de rester confinée. Il le faut pour que les équipes soignantes, très sollicitées, soufflent un peu”, explique le Docteur Jean-Pascal Del Bano.

Moins touchés donc plus fragiles ?

Des chercheurs de l’Institut Pasteur et du CNRS, en collaboration avec l’Inserm et Santé Publique France, ont réalisé une analyse détaillée des hospitalisations et des décès dus au Covid-19 en France et construit des modélisations à partir de ces données. Les premiers résultats suggèrent que près de 6% de la population française aura été contaminée par le Covid-19 au décours de la première vague épidémique. Pour la Bretagne, le taux passe à moins de 2%. Loin de l’immunité collective nécessaire estimée à 70%. “Si il y la moindre hausse des cas, il faut reconfiner, et si les départements aujourd’hui en bleu, passent au rouge d’ici le 11 mai, il faut maintenir le confinement. Mais, en l’état actuel, sortir du confinement des populations peu touchées n’est pas leur faire prendre un risque particulier, si chacun respecte les gestes barrière. C’est le comportement de chacun qui va être déterminant”, affirme le directeur de l’étude.

C'est un retour sur mes terres natales avec l'aventure Entreprendre.bzh ! Après une carrière dans l'audiovisuel à Paris, notamment en tant que rédactrice en chef pour la chaîne info Bfmtv, la vie m'a ramené en Bretagne. Mon envie ? Rencontrer et partager avec vous les parcours de ceux qui osent, bougent, innovent grâce à leur motivation, leur énergie ou leur histoire.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.