Je suis arrivé un beau matin de juin sur le quai Armand Dayot à Paimpol pour rencontrer Céline et Maxime Dalmard. Et j’ai débarqué dans une histoire entrepreneuriale bretonne, spécialiste du textile marin haut de gamme, d’une actualité stimulante à bien des égards. Aujourd’hui, à mon tour d’accueillir avec plaisir Céline et Maxime pour faire partager les valeurs et la vision de cette entreprise créée en 1922.

Céline et Maxime bonjour, j’ai lu récemment que vous aviez quitté vos vies professionnelles sur Paris pour reprendre Dalmard Marine, pourquoi ?

Je pense que dans la vie, certains signes ne trompent pas et que le « timing » est important ! Il faut être à l’écoute, réagir au bon moment et prendre sa part de risques.

L’an dernier, mes parents cherchaient à passer la main de l’entreprise familiale sans penser que cela intéresserait un de leurs fils. J’ai trois frères, deux sont pilotes maritimes sur la Seine et la Loire, et le troisième est ingénieur au Luxembourg. De mon coté, je travaillais depuis 9 ans en tant que directeur de projets internationaux chez Thales et envisageais sérieusement de me lancer dans l’entreprenariat. Ma femme et moi sommes tous deux enfants de commerçants ; nous avons été baignés dans cet environnement depuis tout petits. Céline, après avoir occupé plusieurs postes dans la communication au sein du Groupe La Poste, souhaitait relever de nouveaux défis professionnels. Et puis, nous cherchions également à quitter Paris pour gagner en qualité de vie, notamment depuis

l’arrivée de notre fille. Comme pour tous les projets que nous réalisons ensemble, nous avons pesé le pour et le contre. Après avoir discuté avec mes parents, nous avons sauté le pas et les choses se sont faites naturellement.

Pour moi, la Bretagne est une des plus belles régions du monde et si on cherche un coin de paradis, c’est à Paimpol et ses environs qu’il faut venir!

Après 11 mois de vie « nouvelle », nous sommes tous les deux très investis dans l’entreprise familiale. Céline a en parallèle fait le choix de se lancer dans l’indépendance et d’accompagner les TPE et PME de moins de 50 salariés dans leur stratégie de communication et leur image de marque. Nous sommes convaincus d’avoir fait le bon choix ! L’air iodé, l’aventure humaine, les défis à relever… et une volonté décuplée de faire grandir Dalmard Marine.

Remise du Trophée des Eponymes 2017 au Sénat en novembre 2017

Vous parlez de timing, vous évoquez une vie de commerçant, nous aimerions partager avec vous votre savoir-faire breton. Que faites-vous ?

Dalmard Marine est avant tout créateur et fabricant de vêtements inspirés de la mer, avec plus de 200 points de vente (dont 30% à l’export) et des partenaires en ligne.

Créée en 1922 à Paimpol dans les Côtes d’Armor par mon arrière grand-père Armand le Guen, l’entreprise confectionnait cirés et vareuses pour les pêcheurs d’Islande confrontés à de terribles conditions atmosphériques dans les mers du grand Nord. Spécialisé depuis les années 50 dans la laine imperméable, le caban est notre produit phare.

Représentant de la 4ème génération, je suis très attaché aux origines de l’entreprise et à son identité bretonne, ancrée dans l’histoire de Paimpol, célèbre port morutier.

Le savoir-faire breton passe d’abord par des équipes passionnées par leur travail et ouvertes sur le monde.

Nous avons une clientèle fidèle qui nous fait confiance depuis des années. Très exigeants quant à la qualité et à la finition de nos vêtements, nous sélectionnons nos matières premières principalement en France. Nous assurons également un suivi rigoureux des commandes et du circuit de production en France et en Europe.

Le marché du textile nous impose aujourd’hui de nous renouveler tout en conservant notre ADN.

 

Comment faites-vous pour vous renouveler dans cet éco-système international du textile sans perdre vos valeurs d’origine ? 

Dans un environnement textile très concurrentiel, nous sommes très fiers que notre savoir-faire breton et nos valeurs s’exportent.

Notre marque n’a jamais cessé de se réinventer. En 1965, mes grands-parents ont créé le premier pull marin pour enfant et le pull en V de ville pour adulte en partenariat avec Tricomer. Dans les années 90, mes parents ont développé les points de vente de la marque à l’export (Pays-Bas, Allemagne, Japon…). En 1998, l’entreprise a fabriqué un kabic jaune en collaboration avec la célèbre marque française Agnès B pour le marché japonais. C’est dans cet esprit de renouveau qu’il y a deux ans les équipes ont donné vie à une ligne de vêtements pour les citadins.

De plus en plus à la recherche de sens dans leurs actes d’achat, les consommateurs privilégient la qualité à la quantité, le style aux tendances. Ils trouvent dans nos vêtements une histoire, un univers et une authenticité. Dans une ère où tout va toujours plus vite, nous nous inscrivons dans la durée et fabriquons des vêtements de qualité qui durent dans le temps.

Céline et Maxime, merci de m’avoir reçu. Aux lecteurs maintenant de découvrir ou de redécouvrir vos produits et vos valeurs. Bon vent !

Pour en savoir plus, visitez le site https://www.dalmardmarine.com/

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