Le confinement ? Nathalie de Broc, journaliste, écrivain, couche sur papier ces instants inédits et vous les fait partager. 5e épisode de “En Transit”, ou quand la page blanche n’est pas confinée…

“En Transit”-Episode 5

25 avril 2020, quarantième jour de confinement

A priori quand on est écrivain, on écrit.  C’est le B-A, ba.

En temps normal, les conditions logistiques pour se faire sont assez simples : rester assis sur une chaise, un fauteuil, un lit, un canapé, une banquette de bistro… peu importe, l’essentiel étant de rester assis pendant un certain temps pour produire une série de mots plus ou moins heureux. Cette production ne dépendant pas obligatoirement du talent de celui qui est resté « le cul sur sa chaise ». Selon l’écrivain Ann Lamott pour qui j’ai un faible,  (si vous êtes anglophone ne ratez pas  sa vision de la vie en douze points) la seule différence entre les écrivains et le reste de l’humanité c’est cette histoire de cul sur une chaise.  

Enfin surtout de s’y tenir. 

Ce qui induit une discipline de fer. En tout cas une passion du même métal ou bien une inconscience qui dépasse l’entendement.

Revenons aux conditions de travail des écrivains. L’autre point c’est évidemment la solitude. Assumée, recherchée, imposée. 

“La copie reste en panne”

Maintenant comparons le tout avec le confinement : depuis le 16 mars, normalement les dispositions optimales pour pondre (Balzac disait pisser) de la copie. Eh bien, par un processus assez inexplicable (quoique) mais avéré auprès de nombreux confrères et consoeurs, Tatiana de Rosnay en faisait entre autre le triste constat sur France Inter cette semaine, pour beaucoup la copie reste en panne. Savoir que ce phénomène est assez partagé a un petit côté rassurant. Bien sûr, fleurissent sur les médias et réseaux sociaux des journaux du confinement (la preuve, je m’y suis mise aussi…) mais pour ce qui est de produire de la fiction, ça coince un peu du côté des ordis ou des méninges. 

Mon explication vaut ce qu’elle vaut : ce que nous vivons dépasse largement la dite fiction. Le roman, nous sommes en train de le vivre, donc cette éclosion de journaux du confinement n’a rien d’étonnant, c’est notre fiction en live. 

Pas plus que les autres, je n’avais prévu le coup d’arrêt dans tous les sens du terme. L’anticipation n’est pas mon fort ou plutôt j’aime assez les surprises. Mais il se trouve que, chance exceptionnelle ou hasard opportun, depuis le mois de janvier, nous sommes trois « écrivantes » (chacune avec son projet pro distinct) à avoir mis en place un rendez-vous quotidien entre Paris, Nantes et Quimper pour écrire de concert. Rendez-vous que jamais nous n’avons manqué, contre vents et marées. Tous les jours à 14h30 tapantes, signal en place, nous plongeons dans notre bulle respective de mots pour deux heures minimum. Il y a des jours avec et des jours sans. Qu’importe. Pas d’obligation de résultat, pas de devoir à rendre. L’idée est de rompre le mauvais côté de la solitude de l’écrivain (la procrastination, l’angoisse de la page blanche, du vide, la crise, la crampe, le désert insondable… donnez-lui le nom que vous voudrez, le résultat est sensiblement le même) et de s’aider de l’énergie virtuelle du groupe : notre égrégore à nous. Donc, quand le 16 mars nous est tombé dessus, nous avons simplement continué ce qui était entamé. Et le confinement avec ses contraintes et sa flopée d’impératifs a… facilité le processus. En offrant un cadre inédit aux journées qui auraient pu être décousues, ou risquaient de l’être, en sublimant l’isolement imposé, lui donnant d’autres couleurs. Lors de nos débriefings hebdomadaires (par whatsapp), nous avons affronté plusieurs tempêtes personnelles, y compris le virus, et le soutien du trio était on ne peut plus bienvenu, nous avons partagé et (parfois) vaincu quelques doutes, refait le monde, décortiqué nos plans respectifs, re-créé des personnages, disserté sur l’opportunité d’un premier jet “au kilomètre”. 

Bref, nous sommes restées le cul sur notre chaise. 

Ensemble. 

Pour lire ou relire l’épisode 4, c’est ici

Recette des Biscuits au thé

INGRÉDIENTS

  • 200g de farine T45
  • 1/2 c.à.c de levure chimique
  • 100g de sucre de canne blond
  • 2 c.à.c de thé noir ou de Lapsang-Souchong si on aime le petit goût fumé
  • 100g de beurre demi-sel
  • 1 œuf
  • 1 c.à.s de lait
  • 150g de cassonade
  • Eau
  • Pour la déco (en option, si ça vous dit : Chocolat noir, Bonbons multicolores, Noix de coco râpée) 

INSTRUCTIONS

  1. Mixer 20g de sucre de canne blond avec le thé jusqu’à obtenir une poudre. Dans un bol, mélanger le sucre au thé, le restant du sucre et le beurre, jusqu’à ce que le mélange soit bien crémeux.
  2. Ajouter l’œuf, le lait et mélanger. Ajouter ensuite la farine, la levure et mélanger juste assez pour former une boule. Aplatir la pâte en un carré puis réserver au frais pendant 2 heures dans du film étirable.
  3. Préchauffer votre four à 170°C (chaleur ventilée) ou à 180°C (chaleur traditionnelle). Étaler la pâte sur une épaisseur de 3 mm.
  4. Détailler des formes avec un emporte-pièce puis les déposer au fur et à mesure sur une plaque de cuisson recouverte de papier cuisson. Enfourner pour 10 minutes. Les retirer de la plaque à l’aide d’une spatule puis laisser-les refroidir sur une grille.

Rivalisez d’imagination pour les formes. Si vous les faites ronds, n’oubliez pas le trou au milieu, cela fera un délicieux couvercle pour votre tasse ou votre boisson préférée, en y insérant une paille. 

Faut bien s’occuper…

Du journalisme radio (France Inter) et télévision (France 3) à l’écriture de romans. Un pas franchi un beau matin de 2003, en osant envoyer un synopsis de quelques pages (quelle inconscience !) à une grande maison d’édition parisienne. Histoire de changer de vie, de troquer l’instantanéité pour le temps qui dure. Le début d’une aventure que je n’imaginais pas si riche en découvertes, en doutes aussi et en rencontres.

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