Depuis vendredi, les centres de vacances ont reçu un pré-protocole sanitaire pour l’accueil des quelques 850 000 jeunes qui partent en colonies de vacances. Les professionnels, tel que Cédrick Hamon, directeur du centre nautique et d’hébergement de Pléneuf-Val-André, alertent sur l’impossibilité de garder l’ADN des colos avec de telles contraintes.


Vous poussez un coup de gueule après avoir lu le pré-protocole sanitaire ?

-Cédrick Hamon, directeur du centre nautique et d’hébergement à Pléneuf-Val-André (Côtes d’Armor) : “C’est 50 ans de colonie qui sont foutus en l’air. Pour le transport et l’accueil des enfants qui sont les 2 postes clé dans le fonctionnement des colonies de vacances, les décisions prises sont faites en dépit du bon sens.”


Vous parlez des transports et des conditions d’accueil, qu’est-il prévu ?

-Cédrick Hamon : “Il est interdit d’utiliser les transports en commun avec les jeunes, ce qui veut dire interdiction de prendre le train, alors que cela représente les 3/4 des convoyages. Plus de 90% de nos pensionnaires viennent de la région parisienne. Si on doit affréter des cars, avec la distanciation physique, il en faut combien ? Vous imaginez le surcoût pour les centres d’hébergement ? Et une fois arrivés, nous devons créer des groupes de 10 ou 12 enfants qui ne doivent pas croiser les autres, avec des repas pris en quinconce.”

"Gardons le vivre ensemble, l'ADN des colos", s'inquiète C. Hamon
"Gardons le vivre ensemble, l'ADN des colos", s'inquiète C. Hamon
"Gardons le vivre ensemble, l'ADN des colos", s'inquiète C. Hamon
Extraits du document de travail envoyé ce vendredi aux professionnels des centres d’hébergement et d’accueil des colonies de vacances.



Pour vous, c’est aller à l’encontre de l’esprit des colos ?

-Cédrick Hamon : “L’ADN des colos, c’est le vivre ensemble, être en collectif, se faire des copains et c’est la vie au quotidien, le lever, le coucher, les veillées. S’il n’y a plus ça, quel est l’intérêt d’aller en colonie ? Certains professionnels ont annoncé qu’ils ne faisaient pas de colos cet été, et je les comprends ! Nous accueillons 70 enfants par semaine, là ils ne pourraient être que 40. Les lits superposés sont interdits. Pourquoi ? On a mesuré, il y a plus d’un mètre entre chaque matelas, c’est à n’y rien comprendre !”



Vous aviez anticipé et mis en place une organisation pour l’accueil des jeunes ?

-Cédrick Hamon :”Oui, bien sûr. Nous avons voulu, dès le début, rassurer les mairies qui nous envoient des enfants pendant l’été. Nous avons recruté les animateurs, embauché une personne en plus pour le nettoyage, acheté les produits adéquats pour répondre aux règles sanitaires. Nous sommes complet cet été. Mais si nous devons réduire le nombre de jeunes accueillis, nous allons devoir refuser du monde et qui ? sur quels critères ? Nous engageons des frais supplémentaires qui ne sont pas payés puisque les contrats avec les collectivités sont signés depuis bien longtemps. L’impact financier pour nous peut être énorme.”



Qu’attendez-vous de vos ministères de tutelle, l’Education nationale et les Sports ?

-Cédrick Hamon : “J’ai écrit une lettre à Jean-Michel Blanquer pour lui faire part de mon incompréhension. Il faut changer ce protocole ! En Belgique, ils ont simplifié les choses en disant qu’une colonie c’est un groupe constitué qui ne doit pas être en interaction avec des personnes extérieures au groupe, mais dans le groupe, les jeunes vivent ensemble. C’est ce que je demande. Que les colonies cet été soient celles où les jeunes peuvent vivre ensemble. Ne les séparons pas en petits groupes, laissons-les vivre en collectif. C’est un détail mais si ce protocole reste en place, pour un groupe de 12, donc 11 enfants et 1 moniteur, tous les mini-bus ont 8 places, on fait comment avec les enfants qui “restent” ?”



Quel message voulez-vous faire passer ?

-Cédrick Hamon : “Faites-nous confiance ! Nous avons des années d’expérience, nous savons comment accueillir des groupes de jeunes en toute sécurité. Il faut que les jeunes d’un séjour soient un groupe à part entière qui prend le train ensemble, les cars ensemble. Et il faut comprendre que si ce protocole est maintenu, les colos apprenantes et séjours buissonniers, prônés par le Ministre de l’Education nationale ne verront jamais le jour.”

C'est un retour sur mes terres natales avec l'aventure Entreprendre.bzh ! Après une carrière dans l'audiovisuel à Paris, notamment en tant que rédactrice en chef pour la chaîne info Bfmtv, la vie m'a ramené en Bretagne. Mon envie ? Rencontrer et partager avec vous les parcours de ceux qui osent, bougent, innovent grâce à leur motivation, leur énergie ou leur histoire.

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