Lancine et Dieuveil, des brestois cofondateurs de Umòja Shoes, lancent “Mmea” une basket végétale, entièrement traçable. 100% sans plastique.

En 2019, Umòja Shoes, créée par Lancine Koulibaly et Dieuveil Ngoubou (respectivement à droite et gauche sur la photo), lance une première collection. À sa sortie, il y a une prise de conscience de l’omniprésence du plastique dans la conception des chaussures. Cela rend complexe le recyclage des chaussures, qui, en fin de vie, sont jetées ou incinérées. L’équipe fait alors le choix de ne pas lancer de nouvelle collection, en mettant la priorité sur la recherche et le développement afin de trouver des alternatives végétales pour produire une chaussure sans plastique. “Mmea” est le fruit du travail de ces deux années de développement. C’est une basket conçue sans plastique produit, à partir de quatre matières nobles produites entre le Burkina Faso, la France et le Portugal : le coton, le lin, le chanvre et le lait d’hévéa. La fin de vie et le recyclage des matériaux utilisés sont valorisés et maîtrisés.

Comment créer une basket éco-conçue ?

 

Les chaussures de la marque Umòja Shoes sont artisanales, 100 % végétales de la teinture à la colle en passant par les fils de couture. L’équipe travaille en circuit direct avec des agriculteurs et artisans dans une démarche de commerce équitable. La marque a une totale traçabilité sur la chaîne de production, ce qui n’est pas le cas de 95 % des marques du secteur de la chaussure. La production de leurs sneakers est dépendante de la production artisanale du textile dont elle est constituée, ils ne peuvent que produire de manière raisonnable en terme de quantité. L’innovation consiste à adapter ces techniques traditionnelles aux défis de l’époque : développement des propres techniques de tissage, teintures naturelles, mise en contact des ingénieurs et artisans pour améliorer les caractéristiques des différentes matières artisanales utilisées. En proposant des matières végétales jusqu’alors inexploitées, leurs baskets sont sans plastique vierge, recyclé et ou recyclable, sans teinture de synthèse ainsi que sans matière issue de la chimie de synthèse. “Umoja” est un laboratoire de matières végétales. Riches d’un savoir-faire de plus de 50 ans, l’équipe travaille avec des artisanes tisseuses au Burkina Faso. Les teintures utilisées pour teindre les tissus sont obtenues à partir de matières minérales et végétales. La colle faite de latex est produite au Portugal, les lacets en lin viennent de Cholet, en France.

“MMEA”, qui signifie “Nature” en swahili, c’est la collaboration de multiples partenaires entre le Burkina Faso, la France et le Portugal. Les matières premières sont sourcées en Afrique, en Asie et en Europe.

Une campagne Ulule pour financer la production de “Mmea

La basket “Mmea” est lancée depuis le 28 mars 2021 en précommande sur la plateforme de financement participatif Ulule (pour pré-commander c’est ici), au tarif de 129 euros. Et ce vendredi, la barre des 200 contributeurs était atteinte. “On est ravis!”, s’exclame Marion, de l’équipe Umoja. C’est un début pour lancer la production des sneakers. Les prémices de l’aventure Umòja voient le jour en 2017. À l’époque, Lancine et Dieuveil étaient encore deux étudiants de l’Université de Brest, en quête de sens et de solutions face à leurs modes de consommation. Sac au dos, ils explorent l’ouest africain et découvrent les richesses et la pluralité des savoir-faire artisanaux. Ils décident d’expérimenter un modèle économique alternatif qui puisse permettre à tous les acteurs de la chaîne de production d’être rémunérés au juste prix, tout en respectant les enjeux écologiques et sociaux. À la suite de cette campagne de crowdfunding, les cofondateurs de Umòja Shoes souhaitent développer leur réseau de distribution et améliorer la gamme de collection afin d’être la référence des chaussures végétales.

Lancine et Dieuveil, les brestois cofondateurs de Umòja Shoes